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Rebekka Redd


 

Rebekka est une canadienne passionnée de plein air ainsi qu'une auteure, une photographe et une personnalité du cinéma et de la télévision. Elle pêche à la mouche dans le monde entier depuis près d'une décennie. Co-responsable de la direction et du tournage de films de plein air de long et de court métrage visant à inspirer et éduquer. Connue pour ses folles aventures de pêche sur les rivières d'Amérique du Sud et de la Colombie pour différents publics. Rebekka travaille également à la production pour MGM, Disney, Paramount et autres. Elle adore passer du temps avec sa famille et emmène son neveu pêcher aussi souvent qu'elle le peut. Elle est aussi propriétaire de quelques chevaux Gypsy Vanner et de mustangs et monte à cheval depuis qu'elle a deux ans. Elle aime conduire des motos dans ses temps libres. Elle vit en Alberta et en Ontario.

 

Est-ce que la pêche et l’eau ont fait partie de ton enfance?

Mon amour de la pêche et ma fascination pour l'eau remontent à l'âge de 8 ans, lorsque mon frère aîné m'a initiée à la pêche à la ligne. Il m'emmenait sur le quai d'un lac tranquille et il me montrait comment faire. Le soleil brillait et on entendait le doux clapotis des vagues à nos pieds. On lançait nos lignes à l'eau et on était impatients que ça morde. C'est à cette époque que j'ai capturé mon premier doré; une expérience excitante, mais aussi un bel exercice d'humilité. Ce moment a scellé mon destin et a fait naître ma passion pour la pêche, la famille et les grands espaces. J'ai eu la piqûre pour l'aventure, l'adrénaline et la sérénité que me procurent mes escapades sur l'eau.

 

Quelle a été ta première source d'inspiration?

Mon grand frère m'a toujours inspirée à cultiver ma passion pour la pêche. Et même s'il est décédé quand j'étais adolescente, il continue d'être une source d'inspiration pour moi. Ma mère a également contribué à façonner ma vision du monde et mes ambitions grâce à sa ténacité incroyable et son courage indomptable. Même si elle a dû surmonter d'innombrables défis et épreuves, elle se tient debout et fière, rayonnante de gentillesse, de beauté et de force intérieure. Je suis profondément marquée par sa façon courageuse d'aborder la vie et par son extraordinaire esprit d'aventure. Elle a eu l'audace de voyager solo en Colombie, et c'est ce qui a éveillé mon propre désir de découvrir l'Amérique du Sud. Aujourd'hui encore, je considère mon frère et ma mère comme de brillants exemples du genre de personne que j'aspire à devenir. Je m'inspire de leur courage, leur humilité, leur gentillesse, leur résilience, leur ténacité et leur désir incessant de s'améliorer et de progresser.

Ainsi, je suis toujours à la recherche de nouvelles connaissances et de nouvelles perspectives, en construisant sur la base des expériences de vie et des leçons apprises.

 

As-tu toujours aspiré à une carrière dans la pêche, qu'est-ce qui te motive constamment, et qui étaient tes "héros de la pêche" dans ton enfance qui t'ont inspiré ?

J'étais assez jeune quand j'ai compris que je voulais travailler dans les domaines de la pêche, des films et des voyages. Ma soif d'aventure est insatiable. Découvrir de nouveaux plans d'eau et de nouvelles espèces me pousse à avancer. Lors de mes voyages, j'aime motiver les gens et leur enseigner. Mon frère était, et continue d'être, mon héros de la pêche. Il est décédé lorsque j'étais adolescente. Aujourd'hui, je pêche pour lui rendre hommage. Chaque fois que je relâche un poisson et chaque fois que je pars en voyage, j'imagine à quel point il aurait apprécié ces moments et ces endroits. C'est par la pêche que je reste en contact avec lui. Il me manque énormément. Je suis reconnaissante pour tout ce qu'il m'a appris et pour la sagesse qu'il m'a inculquée, à moi et à tous ceux qui le connaissaient. Aujourd'hui, je peux partager mes connaissances avec mon neveu, et j'ai à cœur de lui transmettre nos valeurs familiales et notre amour du plein air. Je chéris ces moments passés en tant que tante et mentor.

 

Décris le moment où tu as réalisé que la pêche était plus qu’un simple passe-temps, mais plutôt un mode de vie.

Je me souviens d'une fois où j'attendais un hydravion qui devait nous déposer dans un chalet isolé.

J'ai décidé d'explorer les environs et d'observer la faune et les différentes espèces d'oiseaux, en plus de pêcher. Depuis mon jeune âge, je traîne toujours un appareil photo avec moi. J'aime immortaliser les moments dont je suis témoin privilégiée pour pouvoir ensuite les partager avec les autres. La pêche me fait vivre des voyages multidimensionnels. Attraper un poisson, c'est la cerise sur le gâteau, mais tout ce qui entoure le trajet vers le lac ou la rivière, c'est vraiment ce qui rend l'expérience complète à mes yeux.

La chose la plus amusante que j'aie entendue après avoir expliqué ce que je faisais est : «Puis-je porter vos sacs?» ou «Avez-vous besoin d'aide?».

 

Comment faites-vous pour rester en pleine possession de vos moyens, tant sur votre bateau qu'en dehors de l'eau?

Quand je monte sur mon bateau, c'est comme si j'entrais dans mon propre domaine. C'est un lieu réconfortant où je peux me concentrer sur mes pensées. La tranquillité de la nature m'enveloppe et les sons ambiants viennent simplifier la complexité du monde. Je me connecte complètement à moi-même et à ce qui m'entoure. C'est un espace où je peux revitaliser mon esprit.

Quand je ne suis pas sur l'eau, j'entretiens une grande connexion avec des amateurs de plein air de partout dans le monde par l'entremise de mes réseaux sociaux et de mon travail en tant que pêcheuse, voyageuse et rédactrice pour différents magazines et médias. La joie et l'énergie que j'en retire sont incommensurables. Je suis particulièrement honorée lorsque des gens m'écrivent pour me dire que j'ai été une source d'inspiration pour eux, que ce soit pour l'apprentissage de la pêche à la mouche, l'exploration de nouvelles étendues d'eau ou le plaisir de partager leur amour des grands espaces avec leur famille. C'est un véritable privilège de jouer un petit rôle dans leurs aventures en plein air.

 

Que signifie pour toi d'évoluer dans ce domaine en tant que femme?

J'y vois de beaux défis et une occasion unique de faire tomber les barrières de genre et les stéréotypes. C'est aussi la passion d'une vie et l'amour d'un sport qui m'offre une belle connexion avec la nature. C'est une expérience gratifiante qui me permet de grandir sur le plan personnel, en plus d'acquérir de nouvelles connaissances et perspectives. Je construis continuellement sur la base de mes expériences et des leçons apprises. Je fais preuve d'une détermination inébranlable, et mon indéfectible sens de l'éthique professionnelle m'aide à repousser les limites de mon potentiel et à inspirer les autres à en faire autant.

 

Depuis tes débuts, comment l'industrie de la pêche a-t-elle évolué par rapport aux femmes?

Je vois des changements quant à la perception et la représentation des femmes dans le milieu. L'industrie évolue positivement. Les préférences et les besoins des femmes sont davantage pris en compte. On retrouve sur le marché davantage de vêtements et d'équipements conçus spécifiquement pour nous. Comme les femmes sont de plus en plus nombreuses à s'adonner à la pêche, à titre récréatif et compétitif, elles sont donc mieux représentées dans toutes les facettes de l'industrie, y compris dans les médias et la conception de produits. Dans l'ensemble, on peut dire que l'industrie est mieux positionnée qu'à mes débuts par rapport à l'intégration des femmes.

Pourquoi les femmes ont-elles encore du mal à se tailler une place dans le secteur de la pêche?

Cela peut être intimidant! Ce sport reste grandement dominé par les hommes. Pour plusieurs femmes, ce n'est donc pas aussi invitant que cela puisse paraître. L'industrie de la pêche et du plein air est encore l'apanage des hommes, que ce soit dans les magasins de sport, en concession ou lors de la mise à l'eau d'un bateau. Malgré tout, je remarque un intérêt croissant des femmes pour la pêche récréative. Par le biais de mes ateliers, j'ai eu le privilège d'enseigner à des femmes de tous les âges et de tous les horizons. Plusieurs d'entre elles m'ont dit se sentir plus à l'aise et plus confiantes d'apprendre auprès d'une autre femme. Elles m'ont souvent confié qu'elles ressentaient moins de tensions et d'intimidation dans un environnement dirigé par une femme.

Y a-t-il eu des situations dans lesquelles tu t'es sentie exclue ou pointée du doigt parce que tu étais une femme? Comment as-tu vécu cela?

C'est arrivé à plusieurs reprises! Plus que je ne peux me le rappeler. Cependant, il n'est jamais facile de trouver sa voie et d'aller de l'avant, et c'est un véritable défi, quelle que soit la carrière. J'ai un réseau de soutien composé d'amis et de membres de ma famille qui m'aide à rester concentrée sur mes objectifs, et je crois que c'est la clé. Quels que soient les défis auxquels nous faisons face, il est important de continuer à poursuivre nos buts et de garder une attitude positive, c'est-à-dire faire preuve de résilience et de motivation, même face à l'adversité.

 

Selon ton point de vue personnel, quel serait le geste le plus important à poser pour que les femmes se sentent mieux accueillies dans le milieu de la pêche?

Je crois qu'il faudrait créer un environnement respectueux et sécuritaire, c'est-à-dire encourager une culture de respect et d'inclusion, afin que tous et toutes soient à l'aise et valorisés.
Moins de jugement. Instaurer un sentiment d'accueil qui prône la liberté d'être soi-même et qui démontre que le plein air, la pêche et la navigation de plaisance sont à la portée de tous.

 

 

Quel est ton meilleur souvenir avec Alumacraft?

J'ai plusieurs bons souvenirs, mais ceux que je préfère sont en lien avec mon neveu qui a développé ses aptitudes de pêche sur mon bateau. Je l'ai vu évoluer en tant que jeune pêcheur. Il n'a aucune idée de la chance que nous avons de pouvoir pêcher sur une embarcation aussi merveilleuse. Quand j'étais enfant, je pêchais sur un vieux bateau de 14 pieds qui prenait l'eau.

Chaque fois que je l'emmène pêcher, je lui apprends quelque chose de nouveau. Je suis si heureuse de voir son enthousiasme et son désir de participer à toutes les étapes de l'aventure, que ce soit pour le chargement du bateau, la mise à l'eau ou la recherche d'un bon endroit pour la pêche.

 

En pleine saison de pêche, combien d’heures passes-tu sur l’eau, et quels vêtements et accessoires sont les plus utiles pour toi?

Pendant la haute saison, je passe 4 à 6 jours sur l'eau par semaine. Je pars toujours avec 4 cannes à mouche et 4 cannes à lancer léger, et durant la saison de la pêche aux saumons en eau profonde, j'installe mes treuils guide-appât.
Je garde aussi à portée de main toutes sortes d'équipements que j'accroche à un gros mousqueton afin qu'ils soient toujours à la vue. J'ai également des attache-mouches fixés au tableau de bord afin d'avoir toujours des mouches disponibles et organisées.

Je me sers aussi des pochettes sur les parois du bateau pour ranger pinces, ciseaux et coupe-fils.

Et j'aime aussi le toit Bimini pour me protéger du soleil.

 

Quelle est la fin de journée idéale pour toi? As-tu une recette de poisson préférée?

Lors des voyages de pêche, nous nous installons souvent sur le rivage pour partager de délicieux repas composés d'épis de maïs, de haricots, de légumes vapeur, de sautés et de bannique maison. Nous nous regroupons habituellement avec d'autres pêcheurs pour déguster le fruit de notre travail et pour raconter nos histoires de pêche. Tout goûte tellement bon lors de ces escapades! Respirer l'air frais et passer du temps sur l'eau, ça ouvre l'appétit!

Lorsque je pêche près de chez moi, je prends le temps de nettoyer le bateau et de mettre la musique pendant que je prépare le repas. Cela peut paraître simple, mais m'installer sur mon bateau pour nettoyer et organiser mon matériel, c'est l'un de mes passe-temps préférés! J'en retire énormément de satisfaction.

Ma méthode de prédilection consiste à enrober les filets de préparation à crêpe Pearl Milling Company, puis saler et poivrer avant de faire frire. En guise de touche finale, j'ajoute un trait de sauce piquante Frank's!

 

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui commence à se découvrir une passion de la pêche?

Restez fidèles à vous-mêmes. Apprenez des pros. Trouvez des mentors qui vous accompagneront. Et souvenez-vous de profiter de tous les moments et toutes les journées que vous passez à pêcher. Attraper du poisson n'est qu'une partie de l'équation. Savourez le fait d'être à l'extérieur. Ressentez la joie et la liberté que vous procurent les petites et les grandes aventures en nature. Il y aura aussi des leçons apprises à la dure, des déceptions en cours de route et des excursions qui vont mal tourner. Vous vivrez des moments formidables et d'autres moins agréables. Les deux forgent le caractère et vous en sortirez plus sages et meilleurs.

Quand on est jeunes, on cherche à attraper de superbes poissons, mais en vieillissant, on arrive à apprécier davantage ce qui nous entoure et tous les plaisirs qui vont de pair avec la pêche.

Quand tu penses à l’avenir de la pêche, qu’est-ce que tu aimerais influencer le plus?

La pêche, c'est une passion et une excellente occasion de profiter du grand air et de s'épanouir en nature.

Je voudrais inciter les gens à profiter davantage du moment présent. Pêcher, c'est une activité qui exige d'être alerte et conscient de son environnement. Et quand on est ancré dans le présent, l'esprit se libère de toute pensée appartenant au passé ou à l'avenir, et un sentiment de sérénité peut alors s'installer. J'aimerais aussi encourager les gens à nettoyer après leur passage, à remettre les poissons à l'eau et à redonner au suivant. Je voudrais également enseigner aux prochaines générations les joies de pêcher et d'être sur l'eau.

 

Quels sont vos moments préférés sur l'eau tout au long de l'année ?

J'aime pêcher tôt le matin ou tard le soir. Ce sont des périodes de la journée particulièrement intéressantes pour pêcher à la mouche, car le vent se calme et les poissons deviennent actifs. Et la lumière est propice aux photos de paysages.
Ma journée parfaite commence par un réveil de bonne heure, un café et une marche avec mon chien sur la plage jusqu'au camp. J'embarque ensuite sur mon bateau, je m'éloigne du quai et je jette l'ancre dans l'une de mes baies préférées. La tranquillité du matin ouvre la voie à une journée formidable. J'aime me débrancher de toutes les technologies, éteindre la télévision et me retirer entièrement du monde extérieur. Et c'est encore mieux si je peux emmener ma famille. Le printemps et l'automne sont mes saisons préférées.

Décris la plus belle journée de pêche que tu aies jamais vécue.

J'étais en Afrique, en Tanzanie, où j'allais pêcher le poisson-tigre à la mouche. Mon équipe et moi avons vécu une excursion incroyable et nous avons capturé de nombreux poissons-tigres, mais je tenais à attraper le plus gros du voyage, voire de la saison. Mon rêve s'est réalisé dans les dernières heures du dernier jour. J'étais avec mon guide et j'ai pu partager avec lui ma joie de sortir de l'eau un énorme spécimen. Nous l'avons remis à l'eau et nous avons filmé le tout. L'extrait s'est retrouvé dans la vidéo promotionnelle de la tournée de pêche à la mouche et il a été mis en nomination pour le meilleur film de sa catégorie.

Si tu pouvais aller pêcher avec une célébrité, qui choisirais-tu?

Je crois que je choisirais Keanu Reeves. Il a l'air détendu et facile à côtoyer. Il semble grandement apprécier ceux qui l'entourent.

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